La mousson rythme la vie des Channa

La mousson est un phénomène météo qui se produit tous les ans sur une grande partie de l’Inde et sur les pays voisins. Elle est dûe aux différences de températures entre les masses d’air terrestre, plus chaudes au printemps et en été, et les masses d’air plus fraîches au dessus de l’océan Indien.

Cette différence crée un vent régulier chargé d’humidité venant de l’océan indien qui apporte des quantités importantes de pluies sur les bassins du Gange et du Brahmapoutre mais également sur le Bangladesh et la Birmanie. La région du Meghalaya dont le nom signifie “Demeure des nuages” en Sanskrit détient le record du monde de pluviométrie avec en moyenne 11 000 litres d’eau au mètre carré et par an. En hiver ces différences s’inverse stoppant le flux d’air océanique et provoquant la saison sèche.

Au début de la mousson, les cours d’eau passent alors de lits pratiquement asséchés à des fleuves et rivières prêt à déborder en seulement quelques semaines.

Les premières pluies importantes commencent à tomber au mois d’avril pour s’arrêter en novembre. On passe ainsi de 10 litres d’eau au mètre carré en hiver par mois à plus de 250 litres au mètre carré pour le mois de juillet pour la ville de Guwahati (Assam).

La vie de la faune et la flore est rythmée par ce phénomène et les Channa sub- tropicaux se sont adaptés à ces variations.

C’est à la fin du printemps et en l’été qu’a lieu la saison de reproduction des “tête de serpent”, la nourriture est abondante et les territoires de chasse augmentent. Cela permet aussi aux jeunes de trouver de nouveaux territoires pour s’installer.

A partir de l’automne le niveau d’eau va commencer à diminuer, les poissons vont trouver des points d’eau plus profonds pour pouvoir passer l’hiver et s’enfouir dans la boue en dernier recours. Pour certaines espèces, trouver des galeries creusées par des crabes est une autre solution pour  passer la saison sèche. Channa aurantimaculata qui peut trouver des caches à 1,5 m sous le sol et c’est peut être aussi le cas pour Channa barca.

En hiver les poissons vont entrer dans une sorte de léthargie jusqu’a l’arrivée des prochaines pluies au printemps.

Cette alternance de saisons et ces variations du milieu de vie ont une influence sur la reproduction des espèces sub-tropicales.

On peut voir sur cette photo le niveau bas de l’eau en hiver et dans les branches des restes de Jacinthes d’eau ( Eichhornia crassipes) qui témoignent de la montée des eaux en été. Photo Bipul Das.